« Je reviens de mourir », six ans plus tard…

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Je reviens de mourir est mon premier roman, publié dans la collection Exprim des éditions Sarbacane en 2008. Sa sortie n’a pas été facile : la littérature jeunes adultes en était à ses débuts, et la parution du texte en librairie a été perturbée par de vives polémiques : trop cru, trop sombre, trop violent, trop déroutant, pas assez sous le joug de la loi de 1949. On a écrit qu’il allait pousser des jeunes à se suicider, qu’ils n’étaient pas capables de faire face à ces interrogations sur la sexualité ou le corps, on l’a décrit comme « Le premier roman pornographique pour ados ». Le roman a été boycotté par des réseaux de libraires quand ils ne refusaient pas de le vendre aux moins de 18 ans, été la cible d’articles virulents où l’on disait n’importe quoi à mon propos : j’en garde un souvenir amer. Un premier roman, c’est une étape importante dans la vie d’un auteur, mais aussi, et plus en profondeur : c’est difficile quand vous sortez quelque chose de très personnel de vous et que des gens qui ne vous connaissent pas le tournent et le retournent jusqu’à ce que votre message ne vous appartienne plus, qu’on en fasse quelque chose d’autre, qui n’est plus votre création, mais un instrument, au-délà de vous, un outil à leur propos. J’ai passé les trois années suivantes à m’en justifier, dans des débats, des conférences, lors de tables rondes : la littérature n’est que la littérature, elle n’est pas un manuel qui apprend la vie aux plus jeunes. Elle est un concentré de vie, dans ce qu’elle est de plus vive et incandescente. Cette littérature, telle que je la conçois, n’autorise pas de prudence, pas de frein. C’est dans cet état d’esprit que j’avais entrepris l’écriture de ce texte.

Je reviens de mourir n’a pas fait de grandes ventes. Pourtant, on m’en a beaucoup parlé. Des lettres d’adolescents qui me confiaient l’écho qu’ils avaient pu trouver dans ce texte à leur propre solitude, des lettres de leurs parents qui me remerciaient d’avoir permis qu’une discussion s’ouvre entre leur gosse et eux sur ces questions. Je me souviens de beaucoup de rencontres sur les salons du livre, de lecteurs qui m’en parlaient avec émotion. Le livre a fait sa vie, sur un pied puis sur l’autre. Annie Rolland lui a consacré un chapitre dans son ouvrage « Le livre en analyse » (Editions Thierry Magnier), certains l’étudient encore en IUT Métiers du Livre et en font même leur sujet de mémoire. Il trouve une seconde vie, par ce qu’il représente. Une pierre à l’édifice d’une littérature jeunes adultes libre et décadenassée.

Il y a quelques semaines, la blogueuse Stephie m’a consacré un « Coup de projecteur » sur son blog Mille et une frasques. Elle y a parlé entre autres de Je reviens de mourir et j’ai vu réapparaître sur la toile plusieurs articles sur le roman. C’est une chance, dans la vie d’un livre, de pouvoir continuer à toucher des lecteurs plusieurs années après sa sortie. Je suis touché que l’on n’oublie pas ce premier roman, et que les polémiques d’avant laissent aujourd’hui place à des lecteurs qui cherchent à voir au-delà : se laisser emporter par une histoire, une vie, une écriture. Se laisser toucher par les héroïnes de ce texte, Marion et Eve.

Vous trouverez ci dessous quelques uns de ces liens :

« Je reviens de mourir est un roman d’une force inouïe dans lequel l’auteur montre d’emblée qu’il a une plume bien à lui, une force littéraire. J’aime le style qui mêle des phrases courtes, incisives et qui mêlent parfois vulgarité et poésie. Je ne saurai trop vous l’expliquer car je pense bien que c’est la première fois que je lis quelque chose comme cela. (…) Antoine Dole parvient à mettre des mots justes et à se glisser dans la vie et dans la peau de ces deux femmes avec un naturel désarmant. »
Mille et une frasques 

« Je reviens de mourir est un livre magistral. Un premier roman dur, parfois insoutenable. Pas un mot de trop. On y sent l’urgence. De la beauté au cœur du sordide. Des phrases au fort pouvoir hypnotique, belles à en tomber par terre. Ça cogne. Ça frappe. Ça lacère profond. Une écriture au scalpel qui laisse les chairs à vif… Des femmes en morceaux, des destins brisés, l’espoir mort dans l’œuf. Ça fait mal à lire oui. Et puis quand les deux histoires se rejoignent enfin… VLAM… C’est fort, vraiment très fort. J’admire. Le ton, la voix si particulière de l’auteur, l’écriture, la prise de risques. Tout. »
La bibliothèque de Noukette

« Incroyable de découvrir un premier roman si mature alors qu’au moment de sa publication son auteur n’avait même pas 30 ans. La façon de décrire la douleur physique et morale de ces femmes est d’une justesse et d’un réalisme à couper le souffle. Aucune facilité, pas de déballage gratuit en dépit des apparences. Les mots se gravent au fer rouge sur la rétine, vous mettent mal à l’aise, vous laissent au bord de la nausée. C’est cru, c’est extrêmement violent, c’est d’une noirceur absolue, c’est l’expression du désespoir et de la solitude comme je ne l’ai jamais lue. (…) Une expérience de lecture intense et qui bouscule. Vraiment très, très fort ! »
D’une berge à l’autre

« Je me suis pris en pleine tronche Je reviens de mourir comme on se prend sa première gifle, sans doute, par surprise. Je ressors de la lecture hébétée, sans doute comme on doit l’être aussi la première fois que l’autre dérape. Je reviens de mourir, c’est un roman cru, noir et dérangeant. C’est un roman terriblement violent. (…) C’est un texte qui vomit le désespoir à chaque phrase, c’est la poésie des mots qui étouffent, qui brûlent les pupilles, qui vous laissent sans voix. Je reviens de mourir, c’est un roman risqué et magistral »
La Fée Lit

« Les mots d’Antoine Dole – vifs, ardents, saisissants – hurlent ce renoncement, cette aliénation, et ne laissent qu’une infime place à l’espoir… Ces femmes, on aimerait leur venir en aide, les protéger des caprices de la vie, les sauver d’elles-mêmes… Ne pas assister à leur descente aux enfers. A leur dissolution. Mais Antoine Dole nous arrache de notre petit confort et nous jette leurs blessures à la face : une fois la première page ouverte, il est trop tard pour se rétracter. »
L’Ivresse des mots

« C’est un beau livre, nécessaire. (…) Un livre à lire absolument. Un livre qui peut libérer la parole, apporter des questions, des réflexions, de la compréhension. »
Le refuge de Cheyenne

« Je reviens de mourir ne ressemble à rien de ce que j’ai pu lire dernièrement. Cette violence sourde, inouie, qui éclate d’un bout à l’autre du roman ne peut vous laisser indifférent. Les voix des deux jeunes femmes se répondent et s’entrechoquent tour à tour, jusqu’au final éblouissant. (…) Dole peint un monde où les liens se défont, où les gens blessent, où les sentiments se vomissent. Un récit unique, violent et incontournable. »
Les livres de Sara 

« Ce petit livre se lit d’une traite, la respiration suspendue et l’estomac noué. (…)  Mais des livres puissants comme Je reviens de mourir font parfois du bien. On sort des sentiers battus de la littérature pour ado pour se retrouver dans une histoire qui se heurte à la réalité. Ça fait mal, ça nous met la tête à l’envers et ça nous donne envie de tout casser. L’écriture d’Antoine Dole nous prend aux tripes et nous laisse un souvenir impérissable en mémoire. »
La ronde des livres 

Merci aux lecteurs, une nouvelle fois, dont le soutien est un véritable moteur.
Ecrire n’est pas un chemin facile, mais cela prend du sens grâce à ces moments-là.

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